dimanche 9 novembre 2008

America reloaded

Barak, petit-fils d’un gardien de chèvre de la savane kenyane va diriger la première puissance mondiale. Welcome to America, land of opportunity, hope and change.

« Whuthuh Fuck motha fuckin’ fucka!? Do ya’live in da fuckin’ Bisounours world my niggah ? America land of Whores, gunfights and easy-money. Sent from my Blackberry, my Iphone and my N95 » m’avait un jour répondu mon petit frère « I run New York ».
Qu’il est moche de voir le monde à travers les yeux d’un rappeur ! Un monde prosterné tout entier au dieu argent. Les rappeurs ne sont en ça pas très différent des rapaces sans scrupule qui ont plongé la planète dans le chaos. Rappeurs et financier sont les symboles d’un modèle capitaliste écœurant de cupidité et d’inégalité. Mais à tout prendre, le rappeur vaut mieux que le financier. À la différence de ces derniers, Les rappeurs oeuvrent sans relâche pour l’amélioration de la condition de la femme. A longueur de clips, ils sensibilisent les femmes à toute l’horreur de ne pas être considérée comme un objet sexuel.

Quelle est la place de ces prédateurs dans le nouveau monde de Barak Obama ? au bout d’une pique ou d’une faux.
La crise économique, malgré tout le mal qu’elle peut causer, est peut-être aussi une chance inespérée pour un monde meilleur, pour une révolution silencieuse.
La crise a ébranlé les mentalités et sonné le glas d’une idéologie: L’idéologie laide et sombre du capitalisme financier.
Jamais depuis les années 1920, les inégalités entre riches et pauvres n’ont été aussi criantes aux États-Unis. Dans les années 30 et 40, l’état a commencé à intervenir et à réguler : syndicats puissants, salaire minimum, impôt progressif ont contribué à réduire drastiquement les inégalités. L’après-guerres et les trente glorieuses ont alors représenté l’age d’or de la middle class. Peu de riches et peu de pauvres. À la fin des années 1970, Les 10% des ménages les mieux rémunérés percevaient environ 8 fois plus que les 10% les moins bien rémunéré. Malheureusement au cours des trente dernières années, les conservateurs (les républicains) ont démantelé ces gardes fou ( syndicats, salaire minimum, impôt progressif etc) provocant un retour des inégalités. L’écart des revenus est désormais de 500 fois.

L’Américain a compris la supercherie. Toujours plus ambitieux et moins timoré que l’Européen, Il hurle à la terre entière : À gauche toute !
Taxons les riches et le capital. Réduisons l’imposition des classes moyennes. Instaurons une assurance maladie pour tous (et surtout pour les 45 millions d’Américains n’ayant aucune couverture médicale) luttons contre les paradis fiscaux.
Inventons le Néo (Le voilà enfin lui…) Socialisme. A coup sûr, nous serons un modèle pour l’ensemble des gouvernements qui ne tarderont pas à suivre la tendance, comme ils l’ont toujours fait.
Dans la foulée, reconnaissons que notre pays est celui qui pollue le plus et signons le protocole de Kyoto, développons les énergies renouvelables et la voiture électrique, désengageons nous de l’Irak. Reprenons les négociations sans condition avec l’Iran, reconcentrons nous sur l’Afghanistan et déstabilisons le Pakistan... Hein ! quoi !? Mais vous n’y pensez pas ? Ils ont l’arme nucléaire. Et après ? On reste l’hyperpuissance américaine arrogante et manichéenne. On ne va pas se laisser emmerder par trois barbus au fond d’une grotte non plus.

Espérons qu’Obama fera preuve de plus de subtilité sur ce dossier qu’il ne l’a montré lors de sa campagne.

Faisons lui confiance. Le gars a de la ressource, des qualités intellectuelles et de communication indéniables. Il en aurait presque trop d’après certains de mes collègues américains. Trop de charisme, trop de visibilité, trop de capacité à enthousiasmer et à rassembler. Les Américains n’oublient pas qu’il y a 40 ans, pareils personnages, Robert Kennedy et Martin Luther King, ont été assassinés.
Surtout qu’Obama s’est prononcé pour le rétablissement de l’habeas corpus et pour l’interdiction de la torture. Jack Bauer a pris ça pour un désaveu complet. Tout président noir qu’il est, Obama n’a plus personne pour le protéger contre tous les fous à lier qui peuplent son pays.


Rassurons nous, l’amérique est devenue plus tolérante. Elle a trouvé son héros, son incarnation plus que parfaite. Obama le cosmopolite, est à l’image des Etats Unis, pays de métissage, de brassage de communautés juxtaposées. Africain par son père, musulman par un de ses beau-père, asiatique par un de ses lieux de villégiature (l'Indonésie), c’est une planète en miniature à l’échelle d’un homme. Et quoi de mieux pour diriger ce nouveau monde plein de promesses qui s’ouvre à nous !
Quel moment exaltant!


*Paul Krugman, The conscience of a liberal

1 commentaire:

Anonyme a dit…

si tu craches sur ton phantasme d'être noir et rappeur voyou d'une banlieue déshéritée américaine..tu abandonnes tes rêves de mauvais garçon...et te glisses dans la peau d'un vieux libéral des banlieues chiques apaisé et plein de bon sentiments...ça sent le sapin..ne mollis pas mon juju!