samedi 18 août 2007

La chèvre

Moi qui imaginais en avoir fini avec les plans galères. Allons donc! C’était mésestimer cette guigne qui me colle au derrière.
Le François "la Chèvre" Pignon de l'expatriation, c'est moi. A chaque étape, ça merde.
Après l'épisode de l'immigration Américaine et le dossier incomplet, celui de l'ambassade des Etats unis et le RDV tardif, voilà celui des avocats et le colis DHL.

Fin Juillet, L'immigration américaine ayant approuvé la demande de visa, les avocats américains m'envoient par DHL, le dossier de visa, indispensable au RDV du 17 Août à l'ambassade des Etats-Unis.
Les 07 et 08 Août, je décide de m'extirper de ma serviette de plage, pour partir à Suresnes, préparer l'entretien du 17 Août et donc, justement, récupérer l'envoi des Avocats.
Je vous passe certains détails poisseux à faire pisser de rire François Pignon, toujours est il que le 08 Août, le colis tant attendu, n'est pas arrivé. Renseignement pris, DHL n'a pas trouvé l'adresse indiquée !! Le colis va être renvoyé à l'expéditeur ce soir!!!!. Il est 16 heures et DHL n'a plus de transporteurs !!!!!!! C'est que je repars demain matin retrouver ma serviette de plage moi...
Big up to my homie Jaybe et à sa C3, nous partons chercher le paquet à Nanterre. L'adresse du destinataire est la bonne et le gars de DHL m'explique qu'il n'a pas pu me joindre au numéro de téléphone indiqué : 617 XXX XXXX. Un numéro US. Il a bien essayé de mettre un 0 devant le 6 et du coup de supprimer le dernier chiffre. Mais rien n'y a fait ??? .. Les veaux avec les boeufs.

Quelques quintaux de tuiles plus loin,… le 17 août donc, nous nous présentons à l'ambassade des Etats-Unis, le dossier COMPLET en poche.
Arrivé 7h45, le temps de passer les contrôles de sécurité (à peu près 45 minutes), nous voila reçu par un premier guichet qui prend notre dossier.
Et le deuxième guichet? Celui où on est censé subir un interrogatoire à l'issu duquel on entend : "your visa will be granted"?? On ne l'a jamais vu. 12h30, après presque 5h d'attente : « désolé mesdames et messieurs, suite à un problème informatique, nous ne pouvons pas enregistrer vos demandes de visa. Nous ouvrons nos portes, spécialement pour vous, Mardi 21 à 12h. On garde vos passeports et toutes les pièces du dossier. A Mardi. »

Et le gars d'ajouter.. « C'est la première fois que ça arrive. C'est vraiment pas de chance. »

Et pis d'abord, à la fin, François Pignon y s'en va avec la fille... Le veinard.

2 commentaires:

CocO a dit…

Je suis fan du 06 17 XX XX XX
mdrrrr

Galopins a dit…

Les cocos, rendez-vous a l'évidence, vous serez là pour le mariage de Fan - et nous en sommes les premiers ravis!

Est ce que les paris "what's next?" sont déjà ouverts?

Pour ma part, je verrais bien un petit tremblement de terre - tout petit - qui fait glisser le dossier du haut de la pile directement sous le bureau.. Enfin, pas tout à fait, sinon la secrétaire du bureau numéro 2, qui enlève toujours ses chaussures « tennis pour faire le walking le matin » le sentirait du bout de ses orteils rompus à 12 ans et demi de bons et loyaux services au plus puissant de tous les gouvernements.. Non, en réalité, le précieux dossier glisse du haut de la pile vers l'arrière de la table du bureau, coincée dans un angle menu et un peu moins éclairé. Il glisse de biais, de sorte que, bien qu'il disparaisse rapidement et ne soit pas décelable à l'œil nu pour le commun des mortels, il rencontre assez rapidement le câble de l'imprimante, à hauteur du genou de Jennifer (la secrétaire), qui est trop petite pour que celui-ci ait la moindre chance d'effleurer le doux papier tant adulé.. Sous l'émotion du mini tremblement - son écran d'ordinateur avait bien dû vibrer selon une amplitude latérale de quelques 2 centimètres et ce, durant d'interminables secondes, au moins 14 - Jennifer n'avait pas remarqué les étranges mouvements ondulatoires du manuscrit tant convoité. L'esprit vidé par la peur et le cœur battant, elle tentait de retrouver sa contenance et se rattachait à ses souvenirs les plus réels et les plus proches.. C'était il y avait moins de deux heures trente. Ce matin-là, en se levant, Jennifer avait eu un étrange pressentiment. Elle avait mal dormi, et un léger mal de tête insistait et l'empêchait de l'oublier, de n'y accorder qu'une minime importance, comme elle l'aurait fait en d'autres circonstances. C'est ainsi que sa journée avait mal commencé. Puis un certain nombre de rendez-vous ratés (avec l'eau chaude, avec le métro, avec le type de la sécurité qu'elle drague gentiment chaque matin, et avec le seul Starbucks de son quartier, qui aujourd'hui était fermé pour grève de français) avait ajouté à son mal être. Bonne fonctionnaire américaine, elle savait pourtant garder son calme. Mais ce matin-là, elle sentait que quelque chose n’allait pas et qu’elle-même perdait déjà un peu le contrôle. D’ailleurs son chat, le gros matou Georgie comme l’appelaient ses copains de gouttière, avait eu une attitude très étonnante ce matin-là : elle était certaine qu’il lui avait parlé. Jennifer cherchait à reconstruire mentalement le lien qui unissait, c’était certain, les événements qui venaient de se produire et l’étonnante et non moins récente capacité de son compagnon domestique. Il allait être midi, en ce mardi 21 Août, deuxième jour de son retour de vacances écourtées pour cause d’inondations au camping La BigBouLiLa, à La Baule. C’est à cet instant précis, qu’un individu, plutôt grand, brun et dont les yeux lui rappelaient étrangement son ex-mari, parti deux ans plus tôt avec les économies, fit irruption au guichet de Jennifer. Il souriait, mais sans parler semblait déjà insistant. Jennifer, forte de ses tout premiers émois divinatoires, ne doutait pas de son intuition. L’exaspération de ne pouvoir continuer à laisser son esprit divaguer à sa guise s’additionnait à sa croissante assurance en elle – ELLE savait et voyait tout. Celui-là, sous ses airs à la Clooney cachait quelque chose.
« - Good morning ?
- euh, hello, I would like to have my Visa file.
- Yes, have you been to desk one?
- Euh, yes, but not today, a few days ago..”
Nous y voilà.. Les cas particuliers qui commencent..
« - Standard procedure requires you to go to desk 1 just before going to desk 2. Not a few days before..
- Yes, I know. But last time, the computers went down and we were asked to come back today.
- This is surprising. It never happened so far.
- No, no, I swear, it is true. Please, ask Mike the security guard, he was there!”

Il était évident que ce jeune home (enfin jeune.. à la limite du jeune et du vieux) mentait. Non mais, et puis quoi encore ?! Une panne générale de tous les ordinateurs de l’ambassade américaine ! Et pourquoi pas une bombe magnétique non plus ?

« - Please, do not swear in this place. What’s your name
- Julien, Villemeur, V-I-M, euh, V-I-L-L
- Don’t bother, I know how to spell it : V-I-L-L-E-M-E-U-R
- Yes..
- Let me check
- OK ”

L’homme attendait que Jennifer revienne. Il avait l’air nerveux, il faut le reconnaître. Son front semblait sur le point de suer à grosses gouttes. Il n’était pas aussi tranquille, ou agacé, que tous ceux qui se présentent d’habitude à ce guichet. Il sortait de la norme et cela se percevait au-delà de son accoutrement, bien trop léger pour le mois d’Août qu’il fît cette année-là à Paris. Il semblait venu tout droit de sa serviette de plage..

Jennifer qui n’avait évidement trouvé aucun dossier au nom de Villemeur dans la pile des dossiers que sa copine Penny lui avait laissés avant de partir en vacances, n’avait pas cherché beaucoup plus loin. A quoi bon ? C’était un cas évident. Elle avait appris à les repérer à l’Academy. Elle copierait son passeport et s’assurerait qu’il n’est pas recherché avant de le faire mettre dehors de l’Ambassade. Ce serait tout. Et elle retournerait à ses rêveries.

« - I am sorry, Mr Villemeur, but we have no file under your name. Would you be so kind as to letting me see your passport? Maybe we have filed it in another way? This happens sometimes.
- euh, I am sorry, but you have my passport. See here the receipt your colleague gave me when I left my passport and all the file to her.
- Oh.. I see..”

Cette histoire allait bien plus loin qu’elle ne l’aurait cru. Plongé dans l’effroi de n’avoir pas sû voir venir le danger, inquiète d’agir au plus vite, Jenny, comme l’appelait tendrement son papa Garry quant elle réussissait aux compet’ de natation, appuya sur le bouton rouge avec le haut de sa cuisse gauche. C’était là le mécanisme de sécurité que l’on utilisait lorsqu’un terroriste infiltrait l’Embassy.

En moins de temps qu’il n’en fallu pour le dire, en un clignement d’œil, les rideaux de fer étaient aux portes d’accès, le personnel et les visiteurs, tels les personnages d’un Truman Show parisien, avaient plongé à terre en un même mouvement, les lumières s’étaient éteintes et une étrange fumée s’était répandue.

Seuls restaient debout les hommes masqués et armés, bibendums gonflés de grenades et autres armes, et cet homme, Julien Villemeur, dont la gorge nouée n’avait pas encore eu le temps de goûter l’amère saveur du gaz qui se répandait autour de lui et dans ses poumons qu’ils l’emmenaient déjà vers une destination inconnue…
TBC